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EXPÉDITION SAREK

Récit du carnet de voyage de Flavien.

J’ai entendu parlé du Sarek en faisant des recherches sur la Laponie. Son surnom Le Plus Grand Désert de Glace d’Europe m’a tout de suite emballé. J’en ai parlé à Vincent tout aussi enthousiaste que moi. Nous avons « recruté » Thomas et quelques mois plus tard nous débarquions dans un paradis, prêt à réaliser notre première expédition polaire. Prêt à se confronter à soi-même.

Nous avons installé notre bivouac près d’un magnifique lac gelé. Nous apprenons que nous venons de vivre la nuit la plus froide du séjour avec -30 degrés.
Je comprends pourquoi tout est complètement gelé une fois de plus ...
Le rangement du bivouac aura eu raison de moi, la position statique et la température m’ont complément gelé les pieds . Je n’ai plus aucune sensibilités, sensation horrible !
Situation critique, hop dans le duvet accompagné d’une chaufferette. Thomas me rejoint lui aussi dans la même situation. On se partage mon duvet, une scène bien drôle quand j’y repense !
C’est parti pour la marche ! Nous longeons le lac pour nous retrouver rapidement dans une forêt où la neige épaisse et le dénivelé nous ralenti énormément et nous demande de gros effort pour avancer.
3h plus tard nous n’avons fait que 2km... Parfois la pente est si raide qu’il faut être 2 pour pousser les pulkas.
Thomas la machine fait la trace, nous sommes épuisés, le moral tombe et il commence à être tard...
Thomas et Vincent montent pour mieux voir ce qu’il nous attend et... mauvaise nouvelle, cette forêt n’est pas prête de s’arrêter.
Dans la tente que nous installons en aval du point de vue nous décidons de prendre une décision cruciale : continuer à traverser la forêt et mettre 2 jours à lutter et s’épuiser en perdant du temps, ou de faire demi tour pour trouver un autre passage. Après un bon repas et des forces reprisent nous décidons que demain nous ferons demi-tour, dure décision... mais la plus juste à notre avis.
Pour couronner le tout nous n’arrivons pas à nous réchauffer dans les duvets dû à notre transpiration qui ne sèche pas et nous rend humide.

Réveil difficile le moral dans les chaussettes. Thomas décide de lancer le drone pour un plan vidéo et par magie nous repérons une voie qui pourrait nous emmener directement au Sarek sans trop de difficultés.
Après une discutions nous revenons sur notre décision de faire demi-tour et décidons avec audace et peut-être beaucoup d’optimisme de continuer notre chemin à travers la forêt.
Bingo ! La voie repérée au drone est parfaite : assez plate, dégagée il s’agit en fait d’un lit de rivière enneigée. Après des heures d’effort nous arrivons enfin aux portes du Sarek !
Et waw... quels paysages ! Des pics enneigés autour de nous, des étendues gelées et des élans nous accueillent comme pour nous féliciter de notre détermination.
Nous sommes réellement seuls, quelle sensation étrange et pourtant nous avons l’impression d’être là où nous devions être mal grès le vent et le froid qui nous brûlent le visage. Il n’y a rien autour de nous et pourtant tout y est, la peur, l’exaltation, il y a une aura folle qui envoûte l’atmosphère.
Il est 18h30 et nous tombons sur une improbable cabane que nous prenons d’assaut pour nous mettre à l’abris pour la nuit et sécher nos vêtements. Je suis dans mon duvet dehors le vent siffle et fait trembler les murs.

Départ de notre cabane, nous ressentons encore plus l’isolement nous envoûter. Nous prenons encore plus conscience que nous sommes seuls face à nous mêmes. Skis aux pieds, pulkas harnachées et c’est sur quelques rayons de soleil que nous attaquons notre journée. A peine quelques kilomètres plus tard, nous arrivons sur un immense lac gelé, le plus gros de notre traversée. Ici tout est démesuré, 1 km en paraît 3. La lumière qui épouse les cimes des montagnes nous laisse rêveur. Impossible de ne pas sortir le drone pour immortaliser ce moment magique. Thomas part en tête puis soudain, nous le voyons courir, paniquer. Il nous apprend que la glace a céder sous ses pieds et qu’il s’en est sorti de peu pour tomber à l’eau... On perd pas un instant, on se dirige alors vers les côtés du lac où la glace est bien plus épaisse.
Le ciel commence à se couvrir et la lumière baisse. Il est temps de trouver un endroit pour planter le bivouac.
Il ne fait pas froid ce soir, seulement un petit -8 degrés, on prend l’apéro dehors sous la neige qui tombe. La bonne humeur de chacun rend cette soirée inoubliable. Un moment simple avec les copains.

Nouvelle journée, nous commençons à avoir les gestes automatiques : Vincent alias le cuisto prépare le Thermos et fait bouillir l’eau pendant que Thomas fait des plans vidéos et moi range la tente. Départ pour la traversée de l’immense plaine qui nous sépare de la prochaine vallée. L’objectif du jour est de rejoindre une cabane qui se trouve à 25 km d’ici, faut pas traîner !

Nous tirons nos lourdes pulkas quand tout à coup Vincent découvre à moitié enfoui dans la glace des bois de rênes. Nous rêvions d’en ramener à la maison, alors nous les fixons sur les pulkas, tant pis si on s’alourdit davantage !

Nous avançons toujours mécaniquement un pas après l’autre... Devant nous se dresse une montagne majestueuse, un pic acéré, digne des hautes montagnes himalayennes. Nous aimons à nous imaginer la gravir, un jour peut-être...
[...] Nous avançons dans des zones accidentées où les pulkas se retournent sans arrêt. Ça en devient pénible pour tous, la fatigue physique et mentale commence à se faire ressentir. Un torrent nous empêche de passer, Le choix d’un itinéraire doit se faire, soit par dessus sans savoir si on va pouvoir passer plus loin, soit par en dessous où nous devrons alors faire une grosse boucle pour évite une zone trop raide et infranchissable avec nos pulkas. Mais avant même d’avoir prit notre décision je me rend compte qu’il me manque un sac dans ma pulka ! Où peut-il bien être ?! Heureusement Thomas avait prit des photos lors des retournements des pulkas à environ 3 km d’ici et le sac apparaît dessus ! Sans attendre nous répartissons les tâches, Thomas monte le camp vu que la nuit tombe et que le refuge est trop loin. Tant dit que Vincent et moi partons à la recherche du sac. Il neige, si nous le retrouvons pas d’ici une heure il sera impossible de le retrouver... Nous filons à vive allure sans nos pulkas, on suit les traces de notre passage et après 40min nous retrouvons le sac dans la fameuse pente. Retour au camp, Thomas nous attend avec du saucisson et du Génépi et on fête la bonne nouvelle.

Aujourd’hui nous décidons de rejoindre la cabane et de profiter de la journée pour nous reposer. Mais la rejoindre ne sera pas de tout repos ! Une grosse montée nous attend. 2h plus tard nous sommes à la cabane. Le soir tombe ainsi que la température qui affiche -20 degrés. Thomas prend des photos du couché de soleil pendant que Vincent recolle les peaux de phoques qui en ont bien besoin, pendant ce temps je fais sécher les affaires humides des derniers jours.

Le surplus d’essence que nous avons emporter nous permet de laisser le réchaud allumé et de l’utiliser comme chauffage d’appoint.
Plus tard dans la nuit alors que je suis en train de lire dans mon duvet Thomas nous appelle tout excité depuis l’extérieur et cri en rentrant « Je crois qu’il y a une aurore boréal ! ». Tout le monde sort et effectivement quelques légers traits blanc dans le ciel qui ressortent vert en photo accroît notre enthousiasme. Soudain, furtivement, le blanc passe au vert, pas de doute il s’agit bien d’une aurore boréal et une énorme !
Nous sommes éblouis, sans mots et excités comme des gosses à la vue de ce magnifique moment. Nous rêvions de ce moment depuis longtemps ! 30 minutes, c’est le temps qu’aura duré cette énorme explosion de couleurs. Nous ne savions même plus où regarder, nous étions littéralement dans l’aurore boréale.

Réveil très difficile, les pieds gelés je n’ai pas réussi à les réchauffer cette nuit... Le froid est partout et en continu, il n’y a pas de répit depuis maintenant une semaine. Mais c’est le prix à payer pour vivre une expédition polaire. Le ciel est bleu et sans nuages, c’est ce qui explique ce froid car les nuages font office d’isolant. Nous dévalons les kilomètres assez rapidement, je ressent les premières fatigues musculaire ainsi que les ampoules aux pieds qui m’envoient une décharge à chaque pas. 13 km plus loin nous tombons une nouvelle fois sur une vieille cabane vétuste qui n’était indiqué sur aucune carte mais nous l’assaillons avec grand plaisir vu que la lumière baisse et que le vent commence à souffler fort. C’est une fois installé a l’abris que nous nous sentons chanceux d’être tombé sur cet abris, dehors le vent fait rage, il gronde, pousse même les murs de notre forteresse. « Mais au fait il reste encore 2 pulkas dehors ! » s’écrit Thomas, il se précipite dans le blizzard et rentre paniqué en criant qu’il manque une pulka ! L’horreur ! Le moyen de transport d’une personne pour ses affaires s’est envolé ! Par chance cette dernière c’était retournée et coincée 100m plus bas du refuge. Soulager nous nous remettons à l’abri en espérant que demain le vent sera plus clément.

Le vent s’est calmé pour laisser place au silence. Après une bonne grasse matinée bien méritée nous décollons de l’abris en vue de rejoindre une autre cabane repérée sur la carte. Après de longues heures de marche l’abris en question se révèlera n’être qu’un tas de planches en bois recouvert de neige et donc inutilisable. On pense même qu’il s’agit là d’une cabane typique des Sami, le peuple autochtones de Laponie. C’est pas grave, cette nuit nous planterons la tente. Ce soir là nous réalisons un bivouac exceptionnel avec des énormes murs de neige pour nous protéger du vent (l’épisode de la veille nous a bien fait comprendre que c’est n’est pas le même genre de vent qu’aux Alpes). Thomas décidera même de creuser un trou de neige et d’y dormir. Le repas du soir se passera dans sa demeure qu’il a aménagé avec de fines entailles qui font office d’étagères où notre petit enceinte joue du bon vieux rock. Malgré la bonne humeur qui règne sur le camp je me sent vidé ce soir. Les -20 degrés et la fatigue ont raison de moi et je m’enfouis au chaud dans mon duvet. Quelques remises en question me trottent dans la tête : suis-je capable d’assumer une expédition polaire d’une plus grande durée ? Le froid constant m’épuise et j’ai l’impression de m’en rendre compte de jour en jour. Mais la beauté des paysages et l’aventure humaine que je vit en ce moment sont plus fort et je met ces idées noires de côté pour profiter de ces moments de partage.

On se réveille avec les duvets trempés à cause de la condensation dans la tente. Je le sent mieux ce matin, je suis motivé et de bonne humeur. Je reparle de mon état de la veille avec les gars, ils pensent que c’était dû à la fatigue mentale. Peu importe aujourd’hui est un autre jour, il fait beau et l’étape s’annonce assez facile. Nous marchons le long d’une rivière gelée, nous parlons, rions mais je sent une certaine amertume chez mes camarades car l’aventure touche bientôt à sa fin.

Les paysages du centre du Sarek avec ces hauts sommets laissent place maintenant à de vastes étendues ainsi que le début d’une nouvelle forêt qui nous emmènera à Ritsem, notre ligne d’arrivée. Sur la carte papier nous avions remarqué la présence d’une « tourist huts » intrigués et curieux nous décidons d’aller voir ce qu’il en est. Après une approche difficile à travers la forêt, qui nous rappelle celle du début, nous arrivons face à plusieurs cabane en bois perdues et seules au milieux des bois. A l’intérieur nous découvrons 6 lits, une table, des couettes et tout un confort que nous n’avions plus eu goût depuis un petit moment. Une fois les affaires rentrées nous sommes comme des cons à nous regarder et à ne pas savoir quoi faire ...Pas de tente à monter, pas de trous à creuser, pas de pieds à réchauffer. Le confort ! On se rend compte qu’il ne nous suffit de pas grand chose pour se sentir bien ! C’est ce genre d’aventure qui te fait comprendre à quel point notre confort est facile d’accès. A la maison tu chauffes ta nourriture en 3 minutes ici il nous en faut 15, si tu as froid à la maison tu augmentes le chauffage, ici tu frottes tes pieds et tu met 3 couches de chaussettes, si tu pues tu prends une douche, ici ... t’en prend pas. C’est clairement le genre d’aventure qui t’ouvre les yeux face à la chance qu’on a. Il fait à présent 6 degrés dans la cabane, nous n’avions pas ressenti une température positive depuis 10 jours et ça fait quand même du bien !

Ayant deux jours d’avance sur notre planning nous profitons de cette journée pour nous reposer et rester à l’abris dans notre confortable abris. Dehors la neige tombe et le vent souffle. A l’intérieur, jeu de carte, bonne bouffe et rire résument parfaitement cette journée. J’ai hâte de repartir affronter la neige et les éléments, en plus, d’après la météo un gros blizzard se rapproche... Ça va être sport, mais bizarrement et étant peu être un peu maso sur les bords nous avons hâte et envie d’y être, de se confronter à mère nature ! Nous verrons bien, en attendant nous prenons des forces en nous goinfrons comme il faut.

Reveil assez matinal, nous sommes prêt à 9h pour affronter cette journée qui s’annonce longue et épuisante. Nous avons 20km à parcourir à travers plaines et forêts et il y aura plusieurs torrents à traverser...

Le vent commence à souffler mais c’est lorsque nous atteignons les vastes vallées que nous comprenons que ça y est, nous y sommes. Ces grandes vallées sont parfaites pour s’en prendre plein la gueule ! Les courants d’air qui ne sont freinés par aucuns obstacles nous arrivent droit dessus. C’est donc ça le fameux blizzard nordique ! Des vents qui te poussent mélangés à de lourds flocons de neige. Qui transforment une neige praticable en une neige mouillée qui empêche de bien glissés et qui s’accrochent aux skis. Obligés de s’arrêter toutes les dix minutes pour nettoyer nos peaux de phoques. On prend cher, nos pulkas sont vite remplies de neige, nos visages et nos vêtements sont recouvert de glace mais mal grès tout ça, on kiffe et on rigole !

C’est dire qu’on l’attendait ce foutu blizzard ! 13h, on commence à avoir faim, on cherche une zone protégée, Thomas trouve un amas de roches mais une fois arrêté on se refroidit trop. On décide alors de repartir et de mettre la faim de côté. Nous trouvons plus loins un minuscule abris, qui reste fermé malgré nos tentatives... on se sert tout les 3 sur un mètre carré à l’abris de ce minuscule rempart et on déguste une barre céréale. Le vent souffle toujours autant et le blizzard ne se calme pas !
La règle à ce moment est de rester en groupe, marcher en formation car si un de nous s’éloigne avec le peu de visibilité ça peut très vite mal tourner. Après plusieurs heures nous arrivons au petit village de pêcheurs :Akhasturgona. Nous plantons la tente tard sous le vent mais nous profitons de ce moment pour partager un bout de saucisson et terminer la bouteille de génépi. Le sentiment de fin d’expédition se fait vraiment ressentir. Demain débute la dernière journée, la dernière étape de notre périple. On a devoir traversé un lac gelé sur 10km

Face a cet immense lac gelé nous prenons conscience que la fin de l’aventure se trouve au bout de l’étape d’aujourd’hui. Nous nous élançons tard, sans stresse, nous voyons à l’autre bout du lac, qui se situe à 12 km le petit village de pêcheur Ritsem. Notre ligne d’arrivée. La traversée du lac se révélera longue. Une ligne droite infinissable et un village qui se rapproche très lentement. Le corps et l’esprit comprennent que nous sommes arrivé, alors ceux-ci lâchent, mais c’est une erreur car il nous reste encore du chemin à faire. C’est tard dans l’après-midi que nous arrivons, épuisés, à destination.
Nous découvrons un petit village où seul le balais des motos neiges règne.
Il est 18h et nous rêvons d’une pizza ou simplement d’un plat chaud. Nous rencontrons Ania, nous lui racontons brièvement notre aventure et lui expliquons notre envie insatiable de nourriture fraîche. Elle nous apprend que l’auberge où elle travaille est actuellement fermée mais nous propose de l’ouvrir pour nous ! Nous rencontrons ensuite Paolo et nous dit une phrase qui restera dans nos esprits un long moment : « Do you want pizzas and beers ? ». Ce soir là nous engloutissons 5 pizzas avec notre compagnon. Nous échangeons sur nos diverses aventures et rêves jusque tard dans la nuit.

Nous prenons la photo devant le panneau de Ritsem pour symboliser la fin de cette traversée. Nous croisons une horde de secours en motoneige qui nous pose quelques questions concernant un homme, parti seul dans le Sarek et qui n’a plus donné de signe de vie depuis 40 heures. Ne l’ayant pas croisé notre aide ne sera pas d’une grande utilité... Nous prenons place dans le bus qui nous ramène à notre ligne de départ Galivare. Ville minière au sud du Sarek.

Quand nous arrivons dans la petite ville de Gallivare tout le monde nous regarde avec nos pulkas que nous tractons dans les rues avec nos bois de rênes accrochés dessus. Apparemment ils ne sont pas habitués à voir ça ici, on nous prend même en photo et on parle de nous dans les médias de la ville, on nous surnomme les « pulka boys ». Ce soir nous décidons de fêter la fin de notre aventure dans le seul bar de la ville. Nous découvrons la jeunesse suédoise, un contraste assez étrange après le silence et l’isolement que nous avons vécu ... Nous ne sommes pas très à l’aise avec les flashs des lumières et la musique à fond. Nous trinquons à cette belle aventure, à nous, à nos prochaines expéditions et à nos rêves ! On intrigue les jeunes du bar avec nos gueules sales et nos chaussures de ski aux pieds, on nous aborde et on nous pose beaucoup de questions, les gens regardent nos pulkas qui sont restés devant le bar. Nous rentrons quelques heures plus tard un peu éméché en chantant, nous plantons la tente dans un bosquet au fond de la ville. Quand nous sommes sur le point de nous endormir nous entendons le zip de la tente s’ouvrir... une vielle dame rentre sa tête en criant « heeey ». Elle nous parle a moitié allongé dans la tente en écrasant au passage les jambes de Vincent. Nous ne comprenons pas tout de suite ce qu’il se passe moi voilà, il est 4h du matin et nous discutons avec une vieille dame qui a voulu nous saluer, drôle de rencontre qui restera dans nos mémoires !
Le lendemain nous sommes invité par Anna, que nous avons rencontré la veille au bar, à prendre le thé chez elle et également à pouvoir prendre une douche. C’est vrai que ça fait maintenant 16 jours que nous n’en n’avons pas prit, on doit sûrement sentir assez mauvais
Quand nous sommes sur le point de nous endormir nous entendons le zip de la tente s’ouvrir... une vielle dame rentre sa tête en criant « heeey ». Elle nous parle a moitié allongé dans la tente en écrasant au passage les jambes de Vincent. Nous ne comprenons pas tout de suite ce qu’il se passe moi voilà, il est 4h du matin et nous discutons avec une vieille dame qui a voulu nous saluer, drôle de rencontre qui restera dans nos mémoires !
Le lendemain nous sommes invité par Anna, que nous avons rencontré la veille au bar, à prendre le thé chez elle et également à pouvoir prendre une douche. C’est vrai que ça fait maintenant 16 jours que nous n’en n’avons pas prit, on doit sûrement sentir assez mauvais.

Ce fût une aventure unique, enrichissante, humaine. Les yeux grands ouverts nous nous sommes davantage découverts. Une introspection à notre échelle, seuls parmi ce paradis blanc, isolés et dépendants de nous mêmes. Impossible de ressentir cet état de nos jours avec notre confort quotidiens. Nous sommes des privilégiés mais nous avons choisit de l’être. Nous avons choisit de réaliser ce rêve, nous ne sommes pas des sportifs de haut niveaux ou quoi que ce soit, nous ne sommes pas fou non plus . Sachez que je n’avais fait que trois sorties en ski de randonnée avant de partir, Vincent et Thomas ont pratiquement découverts le ski de randonnée en arrivant au Sarek ! Nous n’avions aucune idées de comment marcher avec une pulka. Nous sommes tout de même parti car les rêves et la détermination sont de très bons moteurs pour franchir les obstacles. Tout est possible il suffit d’y croire et de s’entourer de bonnes personnes. L’aventure humaine de ce projet a formé un trio solide et soudé. Prêt à repartir nous avons de nombreuses idées et envies d’aventures. Le documentaire que nous réalisons sur cette traversée du Sarek sonnera comme le résumé et retracera au plus près nos émotions et nos ressentis afin de vous inspirer.